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Étiquette alimentaire : les mentions obligatoires pour un artisan

Mis à jour le 7 octobre 2026 · par Joshua Delamare, diététicien-nutritionniste

Ce que vous devez écrire sur vos produits dépend d'abord d'une question : sont-ils vendus emballés, ou non ? Une baguette en vitrine et un pot de confiture vendu chez l'épicier du coin ne suivent pas les mêmes règles.

1. Votre produit est-il « préemballé » ?

Un produit est préemballé quand il est mis dans son emballage avant d'être proposé à la vente, et qu'on ne peut pas modifier son contenu sans ouvrir ou abîmer cet emballage. Trois situations se présentent en pratique :

Les deux premiers cas suivent des règles allégées. Le troisième demande une étiquette complète.

2. Produits vendus sans emballage : un écriteau suffit

Pour le pain, la vitrine et les produits préemballés vendus sur place dans la journée, la DGCCRF demande une affichette ou un écriteau placé à proximité du produit, qui indique :

Pour les allergènes, l'information doit être écrite et ne laisser aucun doute sur le produit concerné. Une réponse orale ne suffit pas. Le détail est dans notre guide Allergènes en boulangerie et en vitrine.

3. Produits préemballés : les mentions de l'étiquette

Le règlement européen n° 1169/2011, dit « INCO », fixe la liste. Pour un produit d'artisan, l'étiquette comporte :

  1. La dénomination de vente, qui dit ce qu'est le produit : « Confiture extra de framboises », « Cookie chocolat noisette ».
  2. La liste des ingrédients, précédée du mot « Ingrédients », du plus lourd au plus léger au moment de la fabrication, additifs et arômes compris. Un ingrédient composé, comme un chocolat de couverture, se détaille entre parenthèses.
  3. Les allergènes, mis en évidence dans la liste : en gras, en majuscules ou soulignés, pour qu'on les repère d'un coup d'œil.
  4. La quantité d'un ingrédient mis en avant, en pourcentage, quand il apparaît dans le nom ou sur l'emballage : « Tarte aux fraises (fraises 32 %) ».
  5. La quantité nette : en grammes pour un solide, en millilitres pour un liquide.
  6. La date : « À consommer jusqu'au » (DLC) pour un produit frais qui devient dangereux une fois périmé, « À consommer de préférence avant » (DDM) pour les autres.
  7. Les conditions de conservation quand elles sont nécessaires : « À conserver entre 0 et 4 °C ».
  8. Le nom et l'adresse de votre entreprise.
  9. Le numéro de lot, sous une forme libre (par exemple L261007), pour retrouver une fabrication en cas de problème.
  10. Le mode d'emploi, s'il est indispensable pour bien utiliser le produit.
  11. L'origine, pour certains produits (viandes, miel, fruits et légumes, huile d'olive) ou si son absence pouvait tromper le client.
  12. La déclaration nutritionnelle, sauf dispense (voir plus bas).

Le tout en français, lisible et indélébile.

4. La taille minimale du texte

Les mentions obligatoires doivent être imprimées avec une hauteur de lettre (la hauteur d'un « x » minuscule) d'au moins 1,2 mm. Sur un emballage dont la plus grande face fait moins de 80 cm², ce minimum descend à 0,9 mm.

Sur les tout petits emballages, dont la plus grande face fait moins de 10 cm², seuls le nom, les allergènes, la quantité nette et la date restent obligatoires sur l'emballage. La liste des ingrédients doit alors être fournie autrement, sur demande du client par exemple.

5. Le tableau nutritionnel, et quand vous en êtes dispensé

La déclaration nutritionnelle indique, pour 100 g ou 100 ml : l'énergie (en kJ et en kcal), les matières grasses dont acides gras saturés, les glucides dont sucres, les protéines et le sel. La loi autorise des valeurs calculées à partir des ingrédients, avec des données reconnues comme la table Ciqual de l'Anses ou les fiches de vos fournisseurs. Pas besoin d'analyse en laboratoire.

L'annexe V du règlement prévoit plusieurs dispenses. Celle qui concerne le plus les artisans vise les denrées, y compris artisanales, fournies directement par le fabricant en faibles quantités au consommateur final, ou à des commerces locaux qui les vendent directement au consommateur. Les notions de « faibles quantités » et de « local » s'apprécient au cas par cas : si vous comptez sur cette dispense, faites-la confirmer par la DDPP de votre département (le service de la répression des fraudes).

Même dispensé, vous pouvez afficher le tableau : c'est souvent apprécié des clients, et attendu par les épiceries fines.

Sources

Ce guide résume les règles générales pour vous aider à préparer vos étiquettes. Il ne remplace pas un avis juridique : certains produits (vins, viandes, produits bio, compléments alimentaires) ont des règles particulières. En cas de doute, la DDPP de votre département répond aux professionnels.